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Né à Aix en provence, et vit en  Drome, il est journaliste, photographe, écrivain.

Ayant comme projet d'éditer un livre mélant photographies et textes, son fil conducteur sera:  "A petits pas, discrètement, au rythme rare mais régulier d’une pellicule de 36 poses par semaine, j’erre dans les vieux paysages épurés et oxydés, dans les terrains vagues d’énormes cités. A la poursuite de l’hiver, aimanté par une esthétique du froid et de la solitude, je pars toujours à l’Est : Grand explorateur, sur le transsibérien , Baikal Amour Majestic ou en voiture mais toujours avec son veille  appareil Leika (photo argentique)  et son carnet de note. Il expose ses photos dans les  festivals et en galerie.


" Depuis quinze ans, avec le même appareil argentique Leica, je pars à l'Est.

En contradiction avec la photo numérique, je ne possède qu'un objectif de 35 mm,

des pellicules de 800 ASA, et ne m'autorise qu'une dizaine de photos par jour.


J'aime ces contraintes, et cette économie de moyen me force

à mieux penser et construire mes images.


Avec patience, il faut parfois attendre trois heures par - 25°c pour que deux hommes se croisent au bon endroit sur une passerelle,

je tente de glaner un peu de poésie et de douceur,

j'essaye de freiner la course de ce monde si vif, et souvent si âpre. » textes de Nicolas JORIOT




" Monamourmansk" texte de NIcolas Joriot


`" ll faut quitter la Norvège, traverser un tunnel bleuté aux airs de cétacé, passer les deux baraques blafardes de la douane et plonger dans la nuit polaire Russe.

Les deux phares lymphatiques sont aspirés par un trait brun de neige sèche et sale bordé par des militaires en file indienne dans la poudreuse profonde.

Passé les mines grises de la ville de Nikel,

à main gauche la mer de Barents et sa côte déchiquetée à la beauté froide et primitive,

Ara, Ura, Sayda, Nerpa, les fjords empoisonnés,

les tonnes de déchets radioactifs d’Andreeyeva bay.

Sous marins nucléaires dévorés par la rouille pourrissant dans l’eau,

combustibles oubliés dans des piscines de stockage fissurées,

un Tchernobyl aquatique, silencieux, au ralenti.

Quelques heures à longer le désastre et, au bout, émergeant de la toundra abandonnée, luit l’ilot,

Mourmansk.

La ville résonne. Coassement noir des corbeaux, détonation des wagons solitaires cognant contre leurs frères, grincement des tramways, cisaillement de l’air par le sifflement poussiéreux des michelines indécises.

Seuls les sons montent jusqu'à «Alyocha», ombre de béton inflexible au dessus de la ville, le regard raide tournée vers l’Ouest, une flamme éternelle aux pieds en l’honneur des sacrifiés de la guerre venus à notre aide.

Depuis le sommet, des lignes partout, cordons de neige, haies sombres, câbles électriques, passerelles métalliques, serpents de fer. C’est un paysage tragique troublé par les gesticulations macabres des grues cernées par des montagnes de houille dans le port. Le long de la baie de Kola, le regard ne porte pas plus loin, un large rouleau de brouillard flotte sur l’eau.

A quelle hauteur est le ciel ? Quelle heure est-il ? Où est le soleil absent depuis quarante quatre jours ?

Bien sûr il y a le niveau de radioactivité journalier au bulletin météo et les excès de l’âme russe sont parfois amplifiés par le climat despotique. Hier, dans la ville voisine, un ado aviné a piqué un tank à l’armée et a pénétré en force dans une supérette pour une bouteille supplémentaire.

Moi, je viens ici pour les ombres isolées errantes, boules de suif belliqueuses de l'intérieur divaguant sur un paysage blanc innocent. J’aime la nuit, la neige, le charbon et le fer.

J’aime la Russie en hiver.

Et puis Mourmansk, sa lumière apaisante, lente, évoluant de nuances en nuances, ses taches carmins sur les avenues livrées par la chair trop mûre des baies fondant dans la neige. Malgré la Vodka, l’absence de soleil, les ondes invisibles maléfiques, il y a, derrière les façades aux enduits granuleux vérolés, derrière les graves portes en fer qui donnent sur des cages d’ascenseurs lugubres, il y a des appartements charmants aux lumières chaudes où une vie douce est possible.

Dehors, malgré le froid et le vent, des skieurs glissent sur le lac gelé «Semionovskoïe» et des couples se baignent dans l’eau noire glaciale. Sur la place centrale, des babouchkas descendent en gloussant le toboggan en glace en se filmant sur leur portable. Enfin, Alexander, sous-officier de 23 ans enrôlé pour la journée dans la ville militaire interdite de Severomolsk, a prévu de rentrer à sa caserne le lendemain avec «blablacar ».

Tout simplement on commence à comprendre que malgré les distances on n’est jamais très loin de chez soi. Et on peut ressentir une sorte de tendresse pour la ville qui, avec vigueur et résilience, malgré son aura radioactif, protège de la sauvagerie du «grand dehors».





Actualités exposition:

2019> Exposition "A few of them" photographes avril 2019. galerie Craft, (26)

2018>  Espace d'exposition,  le temple-Venterol (26)

2017>  Espace d'exposition - Chapelle-  Jaillans (26)

Exposition 5 photographes -  galerie Craft espace - Dieulefit (26).

2016>Exposition en solo, galerie Craft (26).

Exposition médiathèque  St Paul 3 chateaux

Exposition festival Présences photographies, St Restitut

Avant 2016, + d'infos voir Bio.


Habitant de la DROME, il est journaliste, photographe, écrivain.

Ayant comme projet d'éditer un livre mélant photographies et textes, son fil conducteur sera:  "A petits pas, discrètement, au rythme rare mais régulier d’une pellicule de 36 poses par semaine, j’erre dans les vieux paysages épurés et oxydés, dans les terrains vagues d’énormes cités. A la poursuite de l’hiver, aimanté par une esthétique du froid et de la solitude, je pars toujours à l’Est."


"Je suis un petit homme rural fasciné par les scintillements des cités énormes.

Entre toutes, Istanbul et Chongqing,

ces deux mégalopoles aspirées par le nouveau siècle, sont mes préférées.

Portées par le destin d’un pays à l’égo multiplié, des saveurs de vengeance dans la gorge peut être,

elles produisent les solitudes urbaines les plus violentes.

Comme une phalène j’ai relié leurs lumières éclatantes par le chemin le plus long, le moyen le plus lent. 18900 km de train en traversant le vaste et tendre drame à ciel ouvert russe, ce monde blanc à la sincérité désarmante.

Anéantis par l’espace, les sibériens, ces êtres exilés dans le vide, produisent les résistances et les abandons les plus purs.

Et partout, en ville, dans la steppe, la solitude des hommes. "

Nicolas Joriot







Galerie d'Art Craft Espace Montélimar Drome  Exposition Photographie Nicolas Joriot

Galerie  Craft 2016, Géographie de la solitude © Nicolas Joriot

Nicolas Joriot

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